Le festival ESCALE TANGO EN VILAINE

 

 

 

 

  La couleur du festival

 

 


 

Le tango est inscrit au patrimoine culturel de l’UNESCO, ce n’est pas une vieille chose désuète. Pourtant sa relativement courte histoire a  connu bien des avatars. Asphyxié par le pouvoir politique, plus récemment épuisé  sous le pressoir d’un carcan  passéiste, chaque fois  il  ressurgit  plus vif, régénéré par l’impulsion de créateurs dont la modernité dérange. Après l’envolée de la Vieille Garde,  Anibal Troilo, Horacio Salgán, Osvaldo Pugliese (entre autres) ont été les artisans d’un premier âge d’or. Nous en vivons actuellement un second, surgi avec le millénaire dans le sillage de l’immense Astor Piazzolla. Les paroliers  contemporains  évoquent davantage  la poésie de Jorge Luis Borges ou Jacques Prévert que la tragédie de Zola ou Mérimée ; les maestros harmonisent parfois les vibrations du bandonéon  avec l’oscillation du quartz et des formations comme Gotan Project ou La Tipica  Sanata deviennent des références. Les danseurs ne sont pas en reste, s’exprimant en styles novateurs. Le passé est exemplaire, mais le tango continue d’exprimer une culture populaire contemporaine, dans la lignée de ses monstres sacrés et sans se confiner dans la nostalgie ni poser de bornes à quelque époque que ce fût.

 ¿Milonguero, salón, escenario ? Tous ont droit de cité et que vive le tango !

 

Escale Tango en Vilaine s’inscrit modestement dans ce contexte. La couleur artistique du festival reste sagement dans la palette d’un tango de bal, respectueux de ses aînés tout en faisant la part belle aux nouveaux talents. Une caractéristique des maestros et artistes invités est leur jeunesse. Plusieurs ont fréquenté la prestigieuse Ecole de Musique Populaire d’Avellaneda, tous ont une personnalité affirmée.

 


  LA ROCHE BERNARD, un bastion chargé d'Histoire


Au pied de la cité millénaire, l’étier du vieux port abrite les navires, dominé et masqué par la fameuse roche. De temps immémoriaux, c'est un bastion bien connu des marins envahisseurs du pays Gallo. C’est ici que le Cardinal Richelieu a fait construire un des plus beaux fleurons de la flotte de Louis XIII, le navire amiral La Couronne, premier vaisseau de ligne à 3 ponts, armé de 72 caronades.

Les stages se dérouleront dans la salle des conseils à l’Hôtel de Ville, sur ce même plancher historique  probablement foulé par les armateurs d’un commerce de bois d'ébène qui a peut-être contribué au peuplement de l’Argentine. La place du Bouffay (site classé) accueillera les initiations et les milongas diurnes. Le port sera le cadre du cocktail d’ouverture avec croisière/milonga sur La Vilaine et celui de la milonga de despedida. Conférence et concert qui nécessitent de bonnes conditions acoustiques auront lieu au cinéma local. Les milongas du soir se dérouleront au Forum de Nivillac, complexe moderne dédié aux manifestations culturelles, dans une ambiance plus sophistiquée, avec maestros et musiciens pour la plupart issus du creuset de Bs As. Le plateau artistique est prestigieux, formé dans les temples du tango argentin.


  A tout seigneur, tout honneur


La vague d’immigration, venue d’Europe pour peupler l’Argentine, connait aussi des retournements. Voici   que s’est récemment établi à La Roche Bernard, en provenance de Buenos Aires, un jeune couple de maestros à qui reviendra bien évidemment l’honneur d’inaugurer le premier festival en 2012. Bienvenue à Sébastien et Noelia avec qui nous danserons sur l’estacade Richelieu, qui jouxte le chantier naval de La Couronne.